Le coin des enfants

Nos enfants ont du talent, alors disons le !!!

Lucie 2

"Mesdames, Monsieur, veuillez regagner vos sièges et attacher vos ceintures, notre appareil va atterrir." 
Je m'attache et regarde par le hublot: il fait beau, le ciel est bleu et il a l'air de faire chaud. Vu d'ici, l'aéroport ressemble à une grande esplanade brune, avec seulement deux longues bandes grises, les pistes sûrement.  Après l'aéroport, Rio. D'ici, la ville ressemble surtout à un labyrinthe de maison bien alignées. Aucun signe des longues plages de sable blanc des magazines.
"Bzzz", sms de ma sœur: "Je t'attends à la sortie de l'avion, pressée de te voir, bisous!" 
Effectivement, quand je descend de l’appareil, elle est là. Elle, ses cheveux blonds, ses yeux noirs et son bronzage plus parfait que jamais. À côté d'elle, se tient une petite fille au teint mat et aux cheveux noirs et très frisés.
Je me précipite vers Lucie pour la serrer dans mes bras. J'attends ce moments avec impatience depuis que mes parents m’ont annoncés qu'il me payaient le voyage jusqu'ici pour mes 16 ans. 
"Max, je te présente Camila, la petite fille que je garde et à qui j’apprends le français, dit ma sœur.
 _ Bonjour! s'écrit la petite fille.
 _Oi! "
 C'est peut être le seul mot que je connais en portugais: au lycée, j’apprends l'espagnol... Ma sœur me propose d'aller chercher mes affaires et de sortir de l'aéroport, où il fait une chaleur étouffante. J'accepte avec joie.  À pied, nous nous dirigeons vers Lapa, le quartier de ma sœur. Il fait chaud et les rues sont animées. Les maisons sont colorées, une odeur de nourriture s'échappe de toutes les fenêtres ouvertes. Pas une des nombreuses personnes que nous croisons n'a le sourir au lèvre et Lucie semble connaître tout le monde. Elle me présente à ses voisins, ses amis, et même un de ses professeurs.
Au bout de 6 mois passés ici, c'est devenue une vraie Carioca...

Zoé

De l'autre côté de Lucie

De toute manière, quoi qu'il arrive, les histoires se terminent toujours un peu de la même manière. En fait, on devrait toujours commencer les histoires par la fin : ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants... Mais finalement, c'est plutôt un bon début d'histoire, ça !!! C'est même un sacré début.

A la fin, donc, tout commence bien !!! C'est un peu comme au début, quand tout finit bien... C'est souvent dans le milieu que ça merdouille sévère. D'ailleurs, quand on parle du milieu, c'est bien un truc un peu glauque et inquiétant, non ? Les romanciers, eux, parlent des pếripéties, le ressort de l'action quoi... Mais moi, je ne suis pas romancier. Juste un morceau de l'histoire, balloté par les péripéties, comme ils disent.

Je ne sais pas combien de temps ça va prendre, mais je sais que ça finira bien !!! J'espère qu'elle le sait aussi. C'est difficile aujourd'hui de se dire ça, bien sûr. Chacun dans son chagrin ou sa colère, engoncé dans ses larmes. Mais comme dit le proverbe, c'est à la fin de la foire... Bref...

Pour qu'une histoire se termine, encore faut-il qu'elle commence. La nôtre a commencé il y a une quinzaine d'années, un peu plus... Et c'était un beau début. Mais ça, c'est une autre histoire...

Lucie

Il fait nuit. Lucie s'en va. 
Elle prend le prochain train pour Rio. 
Elle part rejoindre sa nouvelle vie. 
Ses cheveux d'or scintillent sous la lumière d'un lampadaire. 
Ses yeux me sourient. 
Le regard de ses lèvres me souffle qu'un jour, peut être, elle reviendra.
 Lucie elle est comme ça, elle rigole tout le temps. Elle sourit, elle chante. Elle dit qu'à Rio, elle apprendra le chant des oiseaux. 
Elle n'a pas appris le Portugais pour rien ma grande sœur. Elle l'a appris pour se déguiser. C'est ce qu'elle a dit aux profs qui lui ont fait passer son oral.  "Je veux pouvoir aller à Rio pendant le carnaval, et me déguiser. Comme une petite fille." 
Et bah elle a été prise. 
Elle est drôlement forte ma grande sœur.
Zoé

Petit texte, comme ça...

J'aime bien ces matinées là.
Ces matinées toute calmes, la radio qui parle discrètement, la pluie dans le jardin, l'odeur du pain grillé et le bruit discret de la théière.
Ces matinées passées blottie dans un plaid en laine à lire un magazine ou tout simplement à rêver. A rêver à ma vie passée ou à celle qui ne vendra plus, à rêver au temps qui passe, qui s'attarde, puis s'en va.
Avant, quand j'étais jeune, j'avais une grande maison, un travail, et je ne me reposais que la nuit venue, dormais quelques heures, et repartais courir à droite à gauche, laissant le temps couler sans y prêter attention.
Depuis l'annonce, j'ai arrêté.
J'ai vendu ma grande maison, pour un petit appartement en plein Paris, j'ai trouvé un travail plus calme.
Ca a duré quinze ans.
Ensuite, j'ai eu soixante ans.
Peut être que je mourrai demain.
Peut être dans un mois.
Ou peut être pas.
Mais je sais que personne n'est éternel.

Zoé

Simple résumé de 12 h de bus

Nous sommes le 7 février 2014, aux environs de 7 heures. La gare routière de Poitiers n'est pas chauffée. Le froid accentue le tremblement de nos jambes, et sèche les larmes de quelques parents émus de voir partir leur fils ou leur fille. Un professeur d'espagnol d'Henri IV nous demande de bien vouloir monter dans le bus, ce que nous faisons, après avoir dit au revoir une dernière fois à nos parents, et pour certains, à nos frères ou nos sœurs. Avant d'entrer dans l'autobus, une dame du rectorat nous demande nos noms, et nous invite à sortir nos cartes d'identité une fois installés. Je m'assoie sur un siège de la rangée de droite et me colle contre la fenêtre pour pouvoir regarder le paysage.

Nous sommes 28 élèves à monter dans ce bus. 28 adolescent âgés de 13 à 16 ans a avoir été sélectionnés pour participer à un échange de deux semaines avec la région de Castilla-y-Léon en Espagne. Nous partons rejoindre nos correspondants, déjà venus en France au mois de janvier.
Personnellement, je redoute ce voyage de 12 heures car je ne connais personne, à part un handballeur qui ne me parle plus depuis plusieurs semaines, et un garçon croisé à une «réception», dont Maria connaissait le correspondant, mais je n'ai retenu que la couleur de ses yeux. 

Je suis tout à coup tirée de mes pensés par un garçon de seconde qui me demande si il peut s'assoir à côté de moi. J'accepte avec l'espoir d'être tombée sur quelqu'un de bavard. Mais après les annonces respectives du chauffeur et du professeur accompagnant précisant les heures d'arrêts et d'arrivée, mon voisin visse ses écouteurs dans ses oreilles et bombarde ses amis de SMS. Je fait de même avec mon casque, et observe discrètement les personnes assises dans l'allée d'en face. Trois filles bavardent entre elles et un garçon plonge progressivement dans le sommeil.
Après 2 heures de route, nous nous arrêtons sur une aire de repos pour une pause de 10 minutes , destinée à aller au toilettes, à nous dégourdir les jambes et à fumer pour ceux qui fument. ( Fumer tue !!!) Je remonte rapidement dans le car en priant pour avoir pris des mouchoirs dans mon sac. Non. Bien, nécessité oblige, je repère une fille assise à l'avant qui paraît seule et je lui en demande un. Elle est visiblement plus maligne que moi, car elle a emmené deux paquets...
Nous repartons ensuite pour 2 heures d'autobus, ponctués par les éclats de rires d'une dizaine de voisins regardants un film d'horreur. 

Au moment de manger, je remarque que la fille de tout à l'heure est aussi seule que moi, et, bien décidée à ne pas manger toute seule, je l'aborde. Elle m'apprend qu'elle s'appelle Victoria, qu'elle à 14 ans, et que je suis bien la «petite» du voyage. Elle est venue avec 14 élèves de sa classe, mais elle ne les apprécie pas, ce qui explique qu'elle soit toute seule. Le constat est vite fait : elle est aussi folle que moi, et nous avons les mêmes centres d'intérêt. Après avoir boulotté la moitié de notre pique nique sous un vent violent, nous retournons dans le véhicule de voyage où je m'installe à côté d'elle. Nous passons les heures suivantes à parler écouter de la musique, manger le reste de notre pique nique, et à échanger nos opinions sur les garçons qui nous accompagnent. 

Nous achetons deux sodas à l'aire de repos suivante, et passons la frontière franco-espagnole. La première chose que nous constatons est la différence entre les panneaux de signalisation français et ceux espagnols. Nous croisons la mer peu après, et nous arrêtons une dernière fois avant de laisser un quart des ados français à Burgos, puis d'arriver à Valladolid. Nous voyons enfin nos correspondantes et leur familles à travers la vitre du bus. Nous descendons nos valises, et nous nous disons au revoir jusqu'au lendemain, puisque Maria et Isabel sont dans le même lycée.

Nous avons donc passé deux excellentes semaines avec Maria et Isabel, qui se sont terminées par des larmes à la gare routière de Valladolid. Et une chose est sûre, nous nous reverrons cet été, que ce soit en France ou en Espagne, et que ce soit moi et Maria, Victoria et Isabel, Sébastien et César, Arthur et Sarah, ou ceux dont je ne connaît pas les noms.
Et merci aux professeurs d'espagnol, accompagnant ou non, aux deux chauffeurs du bus, aux personnes du rectorat chargés de cet échange, aux familles qui nous ont accueillis, et aux élèves espagnols.

Zoé

Le papa pingouin revisité !!!

Texte composé à 3 voix par Adèle, Zoé et Lola lors d'une ballade à La Rochelle en famille, moment mémorable s'il en est, avec Manue et Tom en guest Star... C'était bon !!!

La pierre est froide,

Mon papa est un pingouin,

J'ai un élastique dans le nez qui m'empêche de respirer,

Une fermeture éclair bloque mes cheveux,

J'en ai marre, je n'peux plus vivre comme je veux !!!

Les pingouins sont bleus, ainsi que mon papa,

Qui lui-même sera pingouin, jusqu'à son trépas.

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